










mercredi 15 août 9heures,nous quittons La Higuera sur nos voeten pour refaire en sens inverse les 15 km qui nous séparent de Pucara...(.suite prochainement,tout le texte vient de s'effacer...miercoles comme on dit ici et pourtant c'était sanglant.......)
Bon je reprends ...
Sur la route une famille occupée aux travaux quotidiens:cuisine,construction et tissage.
Pucara:Nous y retrouvons nos lourds sacs à dos que nous avions pu laisser pour ces 2 jours chez une franco-américaine qui travaille dans ce village pendant 2 ans dans le cadre de Peace Corps.Comment tient elle le coup:I
Il rêgne ici une inertie peu supportable ,en tant que jeune et femme,on lui laisse assez peu la parole et ses initiatives tournent court.De plus pas d'électricité,donc pas de longues soirées,pas d'ordi,pas de tv même mauvaise,pas de magasin sauf celui de la place qui vend les éternels bonbons,limonades,biscuits de piètre qualité et produit d'entretien....La ville la plus proche-Vallegrande- qui a maintenant à ses yeux l'allure d'une capitale et qui a laissé aux nôtres une impression très mitigée se trouve à 4 heures de bus sur des routes cahotiques et mortelles pendant la saison des pluies.De plus,ce qu'elle nous raconte de l'enseignement fait un peu peur.
A 14 h,nous nous trouvons sur la place à attendre le bus qui vient de Santa cruz et qui arrivera selon les avis entre 14 h et 17h30.Le vent est froid malgré le soleil et je me tape des fous rires un peu nerveux en regardant ce village désert que même les cow boys les plus endurcis auraient fui.Je tourne et retourne autour du maga cherchant désespérement ce que je pourrais acheter d'un peu ravigorant et consistant...
16h15 arrivée du bus:plus on s'enfonce dans le pays,plus les bus sont déglingués.Les gens à l'intérieur ont la mine sombre,ils ont déjà 8h de bus dans les jambes ou plus exactement dans le derrière!Il reste deux places tout au fond (aïe) et nous sommes séparés par une jeune femme à la mine crispée.Commence alors le descente vers le Rio Grande sous un ciel menacant,les éclairs ,le tonnerre et sur des pistes à moitié effondrées.La nuit tombe et le décor est apocalyptique ,fait de plissements de terrains digne de la préhistoire et de cactus géants à la peau ridée et olivâtre de vieux mammouths.Tout en bas,tjs plus bas ,on apercoit de temps à autre le pont que l'on doit traverser mais cela n'en finit pas et quand on doit croiser un camion ...putain le piège qu'est ce qu'on fout ici,je pense à vous,j'aimerais quand même vous revoir....
Un peu après le pont,le bus s'arrête sans raison apparente, pendant une demi heure ,toutes lumières éteintes et sans daigner ouvrir les portes pour qu'on puisse respirer ou pisser.La boite à sardines!!!!En fait on attend le camion qui nous suivait et appartient au même patron,la question étant "est il tombé?"Il finit par arriver,il s'était arrêté pour mettre la bache pcq il pleut.La vue des phares nous soulage et on est presque content de reprende la route,qu'on arrive enfin.
Et on arrive à 23h,peu importe s'il fait froid,s'il n'y a rien à manger,si l'hôtel est minable et la ville éteinte ,on est vivant et de toutes facons,demain ,à 7h,nous montons dans le bac arrière d'une vieille camionnette.Le ciel est tjs gris et lourd de nuages,nous fermons toutes les ouvertures dans nos vêtements..remercions la nature pour les capitons fessiers.
Et ainsi de suite pendant 3 jours,de bus de nuit en bus de l'aube ,nous traçons notre route pour arriver à Tarija.
Ceci dit,une fois de plus,nous voudrions faire l'éloge des chauffeurs qui sont vraiment des experts de conduite et d'endurance et aussi de ces bus qui tantôt frôlent le ciel et le vide ( nous donnant souvent l'impression d'être en avion tant nous voyons les choses de haut et tant la route est invisible sous les roues même en se penchant par la fenêtre) et tantôt raclent les fonds caillouteux et improbables des rios tout en se collant aux parois.Pas une compagnie de bus ou d'assurances en Europe ne songerait à envoyer des bus de transport public sur ces pistes mais ici il n'y a pas le choix.
La partie agréable est l'arrêt à midi ou en pleine nuit au milieu de nulle part mais devant un bouiboui qui ne vit que de ces arrèts:le menu est toujours le même,pollo,riz,milanèse de res (boeuf) et sopa(grasse mais ravigorante) Il faut d'ailleurs remarquer que partout en Bolivie les menus sont pareils et on se demande pourquoi les pti restos affichent encore des panneaux écrit à la craie:Hoy,almuerzo res,pollo ,milanèse et quand il y a une variante sur la carte,on entend dire avec un air désolé:"No hay" il n'y a pas....
Autre aspect de ces trajets:l'entrainement constant de nos vessies à la rétention car il n'y a pas de baños dans les bus.Quand les bus s'arrêtent,on peut voir sur la route une rangée de dos d'hommes et les petits tas des femmes accroupies sous leur ample jupe...celles qui sont en pantalon ,moi par exemple,ont quelques instants pour trouver le petit muret ou la petite plante...Ceci dit,parfois il y a des toilettes et elles sont en général bien mieux que celles des autoroutes fraçaises.
Image du pont de Villamontes,endroit le plus sympathique et folklorique de cette petite ville près de la frontière argentine:nous comptions y passer une nuit,on n'a pas résisté à l'ambiance et avons repris le bus de nuit pour Tarija.
Après ce petit billet d'humeur ,salud à tous et ...on s'amuse bien,rassurez vous

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