Te voet en bus

Nous sommes partis pour l'Amérique latine le 1er juin. Nous serons sur les routes jusqu'au 15 décembre 2006. Ce sera l'aventure et parfois nous aurons envie de penser à vous. Ce sera un plaisir et qui sait peut être un réconfort d'avoir de vos nouvelles. Bien à vous. Amitiés. NOUS VOUS SIGNALONS UNE ADRESSE POUR DES COMMUNICATIONS PLUS CONFIDENTIELLES: ola.patavoet@hotmail.com Pour ceux qui craignent d'oublier la procédure: mettez dans vos favoris: http://coucoucestnou.blogspot.com/

lundi, août 21, 2006










La route du Che:
Il est parti de la région de Camiri, près de la frontière d'Argentina, pour, croyait-il, embraser depuis ce centre la Bolivie, le Pérou le Vénézuela, le Chili. Il reprenait le rêve de Bolivar et voulait l'accomplir. " Unifier les populations d'Amérique centrale autour d'une nouvelle idée de la gouvernance des états." Pendant plus de 6 mois, ils ont remonté vers Cochabamba par la vallée du rio Grande et ses multitudes de quebradas. Ils étaient une soixantaine et leur dilemme était de rester en dehors des routes pour survivre aux recherches du gouvernement Barrientos et de devoir se montrer dans les villages pour faire connaitre leur projet et recruter un nombre toujours plus grand de révolutionnaires. Echec sur toute la ligne. Les Boliviens sont-ils trop divisés pour vouloir s'allier à leurs voisins? Encore aujourd'hui, dans la région, on fait la distinction entre Castillanos puros et Kollias. Les uns et les autres ont l'air d'indiens et pourtant... Les Boliviens avaient-ils peur des représailles de l'armée régulière?
Que connaissait le bolivien des campagnes de la révolution cubaine, alors que maintenant encore le niveau d'analphabétisation est de plus de 6o%? Toujours est-il que la délation fut monnaie courante et quand au début d'octobre 1967, ils entrèrent dans la Higuera, le village était vide. Tout le monde aujourd'hui a bien connu le Che et ses compañieros et tous les ont aidés. Le Che est une entreprise commerciale et pour sa mémoire de nombreuses organisations de par le monde envoie de l'argent pour perpétuer le souvenir de sa croisade pour la liberté. L'argent arrive et disparait dans la poche de quelques uns et le pueblo est encore plus abandonné qu'à l'époque. Le Che fut capturé dans le quebrada del Chuño et on peut se recueillir auprès d'un rocher. Il fut exécuté devant l'école de La Higuerra, son corps fut tranporté en hélicoptère et exposé dans la lavandéria de l'hopital de Villagrande. On a l'impression que sa légende nourrit le sentiment du sacrifice absolu pour des idéaux d'amour plus grand que soi qui sommeille en nous. Malgré ses piètres qualités de chef militaire, ce qu'on admire c'est le héros laché par les puissants, Fidel et Moscou, après le discours d'Alger au cours duquel Ernesto fustige Moscou pour sa connivence avec les Etats Unis autour de ce qu'il appelle, le partage du monde en deux, aux mains des deux superpuissances. Cela se paye cash! Ce qu'on admire c'est celui qui prend la défense des faibles au prix de sa vie." Le révolutionnaire partage la victoire et la défaite avec le peuple pour lequel il combat et ne cesse d'agir tant que son hypersensibilité entend un cri de souffrance quelque part dans le monde." Une figure christique qui ne voyait que la lutte armée pour conquérir l'autonomie. Evo,Chavez voudraient réanimer ces idées et dans le dialogue et sans la force. Nous avons rencontré un cubain qui travaillait en temps que médecin pour les populations de l'endroit. Il nous a dit: " un régime où le peuple mange, étudie, se loge, se soigne , dans lequel le niveau de culture est très élevé ne peut pas être qu'une dictature." On sent que pour beaucoup, les idées les plus généreuses ne peuvent que s'imposer par la force. Le dialogue mène au compromis mou et à l'enlisement au profit de ceux qui possèdent le plus.
Nous avons rencontré sur le chemin de la capture du Che, de très belles personnes. Une pensée pour eux et leurs dures conditions d'existence.