


















De El Calafate vers Puerto Natales.
Nous devons manger tous les fruits que nous emportons. Les douaniers chiliens sont stricts. Aucun animal, aucun végétal ne peut passer la frontière sans une quarantaine obligatoire et pour une pomme c'est assez sans appel. Les relations entre les deux pays sont terriblement tendues, les uns et les autres s'accusant de vouloir s'approprier des terres quand elles ne sont pas habitées. Chalten fut construite par les argentins en 5 ans pour empêcher que les chiliens ne la revendiquent.
C'est très amusant de se dire que nos ancêtres sont venus en Patagonie pour recommencer une vie à partir de presque rien, améliorer leurs chances d'avoir un travail et un rôle social et qu'en une petite centaine d'années ils ont ruiné la terre par surexploitation, ils ont consommé tout le pétrole du sud de Punto Arenas et l'usine qui faisait d'un mouton du cuir, du savon, des bougies ,un ballot de laine et quelques kg de viande, qui occupait 400 personnes en période de plein emploi est fermée depuis 1986. La région ne connaissait pas la grande misère puisqu'il suffisait de prendre una canne et de se mettre sur la grève pour s'approvisionner en poissons et voila que la privatisation fait que la plage et l'eau appartiennent aux petits malins de l'ère Tatcher. Alors il reste le tourisme qui vit une expansion de type grottes de Han/ Luxor/etc... sous la tutelle des investisseurs israéliens, hollandais , anglais , espagnols et voici qu' apparaissent les chalets suisses , les snaks style amsterdam...et les rues ressemblent aux piétonniers de partout.
Et malgré tout ce gachis, la nature reste innocemment généreuse et d'une diversité de roches, de glaces, de lacs qui paraissent pour chacun comme découverte pour la première fois. Nous nous sentons des Charles Darwin, des Merino, des Magellan et nous nous promenons dans les livres de Stevenson, Dafoë, Chatwin, Skarmeta, Coloane, Sepulveda...
A la télévision, nous avons vu l´homme le plus petit du monde, 52 cm, il est argentin et s'appelle Nelson de la Rosa. Il travaille dans un cirque et il est acteur de profession. Le présentateur de l'émission sur les personnalités hors du commun s'est permis pendant tous l'interview de lui parler comme à un enfant de deux ans , il en a 37, il est père de famille et en intance de divorce.
Ici, on construit encore des bateaux en bois. En Cyprès.Et le calfatage des bateaux, la technique qui consiste à les enduire d'un mélange de goudron et de colle de poissons vient de El Calafate qui du temps des marins d'avant le canal Beagle était le passage obligé dans les Magellans. On y venait se réaprovisionner et faire répare les avaries.On a vu un homme remplir les intervalles entre les planches du ventre d'un bateau avec des du fil de chanvre. On a vu en plein vent un homme grenouille tenter de réparer un ponton d'accostage.
Marianne a élevé un apaceta sur la côte de El Calafate et on le dédie à tous ceux qui ont mal quelque part, au propre et au figuré.
On a aperçu des hommes qui se reposait dans une décharge à quelques mètres d'une plage infiniment calme.
A Puerto Natales , L'usine qui tranformait les moutons est devenue un musée. On y voit encore des immenses machines qui condensait l'amoniac et l'envoyait dans des serpentins pour ce qu'on appelle la réfrigération par expension. Il en fallait des glacons pour conserver et tranporter jusqu'en europe tous les moutons de Patagonie. Un petit calcul. Par jour, ils tuaient et conditionnaient environ1700 têtes et ce de 1892 à 1986.
Nous rêvons de prendre le bateaux pour ressentir un rien des grandes navigations.
Mais les prix rendent fou comme le vent.
































